04 Janvier 2019

Bienvenue à Marwen : C. Kim Miles et Maxine Gervais racontent leur première collaboration sur un film de Robert Zemeckis

The Mill, filiale de Technicolor, a également travaillé avec les cinéastes sur le développement d’une application de réalité augmentée. Une utilisation novatrice d’une technologie émergente dans le cadre de la promotion d’un film.

  • Technicolor a fourni les rushes, son logiciel propriétaire de VFX Technicolor Pulse, ainsi que l’étalonnage de Bienvenue à Marwen.
  • La coloriste Maxine Gervais, qui avait déjà travaillé avec C. Kim Miles et avec l’équipe de Robert Zemeckis, est récemment devenue la première femme à remporter un HPA Award (Hollywood Professional Association) pour son travail.
  • Technicolor Pulse a généré 2 387 553 images – pour un temps moyen de traitement de 2 minutes 37.
  • The Mill, filiale de Technicolor, a collaboré avec Universal Pictures et Robert Zemeckis pour réaliser l’application de réalité augmentée qui transporte les utilisateurs au beau milieu de la toute première scène de film recréée en 3D.

 

 

Basé sur une histoire vraie, Bienvenue à Marwen est le dernier film du réalisateur oscarisé Robert Zemeckis. Steve Carell y incarne Mark Hogancamp, un illustrateur qui trouve dans l’art et l’imagination la seule façon de s’en sortir après avoir subi une violente agression. Le film a réuni le directeur de la photographie C. Kim Miles, membre de la Canadian Society of Cinematographers, et la coloriste Maxine Gervais de Technicolor. Il s’agissait pour tous les deux de leur première collaboration sur un film de Robert Zemeckis.

C. Kim Miles : « Si je ne devais choisir qu’un seul réalisateur avec qui travailler à Hollywood, ce serait Robert Zemeckis. Imaginez donc ma surprise quand j’ai reçu un appel de son producteur Steve Starkey, pour me proposer de travailler sur son prochain film. Tout est parti d’une heureuse coïncidence : Robert Zemeckis avait remarqué mon travail sur Flash, qui se trouve être la série préférée de ses enfants. »

Bienvenue à Marwen fait cohabiter deux univers distincts : l’environnement réel de Hogancamp et le monde issu de son imagination, le « monde des poupées ».

 

marwen-2.jpg

La coloriste Maxine Gervais a été impliquée dès le départ dans la création de ces deux mondes. Elle a travaillé avec C. Kim Miles dès la phase de préproduction afin de définir la meilleure façon de retranscrire visuellement ces deux univers et de passer de l’un à l’autre de manière fluide. Conscient des contraintes de la postproduction, C. Kim Miles souhaitait s’assurer que le rendu obtenu lors du tournage soit suffisamment bon pour obtenir l’effet final recherché.

Maxine Gervais : « Notre idée était de définir des atmosphères différentes pour les deux mondes, dès les rushes. C. Kim Miles avait imaginé des façons subtiles d’y parvenir, naturelles et sans stylisation excessive. Cette approche a facilité la production des rushes et de la VFX. Nous avons ensuite pu pousser le curseur un peu plus loin lors de l’étalonnage, pendant la phase d’assemblage du film. Nous avons alors pu repérer ce qui fonctionnait ou non et définir jusqu’où nous voulions aller. »

C. Kim Miles : « Avec Maxine Gervais, nous avons effectué quelques tests et configuré une LUT (Look Up Table) de base pour le monde réel et une autre pour le monde imaginaire des poupées. Maxine a ainsi pu se synchroniser avec ces réglages en postproduction pour affiner la colorimétrie. Elle a été si efficace que si je le pouvais, je ne ferai plus aucun projet sans elle. »

Pour la photographie du monde réel, C. Kim Miles a cherché à retranscrire le plus fidèlement possible l’histoire de Mark Hogancamp et ses personnages, en créant des impressions de lumière naturelle pour des scènes majoritairement tournées en studio. Il s’est également inspiré de visuels tirés de Marwencol, le documentaire réalisé sur Mark Hogancamp.

C. Kim Miles : « Le monde réel de Mark est assez sombre suite à son passage à tabac et durant son lent chemin vers la guérison. Nous avons donc diminué la saturation et le contraste de ces scènes tout en augmentant leur côté brut par rapport aux scènes du monde des poupées. Toutefois, lorsque l’on tourne sur plateau avec un éclairage contrôlé, il faut éviter de créer des images trop parfaites sous peine de manquer de réalisme. C’est pour cela que nous avons beaucoup travaillé pour créer des aspérités dans l’éclairage, en introduisant par exemple un rayon de soleil soudain ou une ombre gênante, qui font paraître l’environnement plus naturel, moins contrôlé. »

Maxine Gervais : « Le monde dans lequel vit Mark est triste et lugubre. Lorsque l’on pénètre dans le monde des poupées, les couleurs explosent. Ce monde possède une texture différente, il est plein de pastels saturés qui rayonnent. Cela sert très bien la narration du film et permet au spectateur de savoir immédiatement dans quel monde il se trouve. »

Les effets spéciaux du monde des poupées, conçus par Kevin Baillie, responsable VFX, et par les assistants VFX d’Atomic Fiction, sont inspirés de vieilles images Kodachrome et de leur rendu nostalgique. Robert Zemeckis a cherché à aller plus loin qu’avec Le Pôle Express, afin de sortir du phénomène de « vallée de l’étrange » (Uncanny Valley), c’est-à-dire la déconnection émotionnelle et le malaise que les spectateurs ressentent face à des personnages d’animation presque – mais pas entièrement – humains. Le public peut ainsi se lier à des personnages créés par ordinateur d’une manière inédite.

C. Kim Miles : « Robert Zemeckis et son équipe sont arrivés à la conclusion que les bouches et les yeux générés par ordinateur représentaient la principale barrière à l’humanisation des personnages. Nous avons donc éclairé et photographié les acteurs en conséquence lors de la phase de capture des mouvements. Comme nous avions créé le décor du monde imaginaire et défini son éclairage en amont, nous avons pu “coller” les visages des acteurs sur ceux des personnages du monde des poupées. En pratique, nous n’avons eu à photographier et éclairer que les yeux et les bouches. Tout le reste du visage des poupées est numérique. Le résultat dépasse tout ce que vous pouvez imaginer ! » 

Au final, Bienvenue à Marwen semble avoir été pour tous une expérience enrichissante.

C. Kim Miles : « Travailler avec cette équipe et avec des professionnels comme Maxine Gervais m’a profondément aidé. Elle possède une patience sans limite et ses intuitions s’avèrent toujours justes. À tel point que nous avons seulement eu deux ou trois ajustements à faire sur l’étalonnage de l’ensemble du film. Et nous avons bénéficié d’une très grande confiance de la part de Robert Zemeckis et de Steve Starkey. »

Maxine Gervais : « Il s’agissait de ma première collaboration avec cette équipe et pourtant, je me suis tout de suite sentie en famille. Tout le monde était à la fois très professionnel et passionné par ce travail. Les réalisateurs savaient ce qu’ils voulaient et nous ont fait confiance pour le réaliser. C. Kim Miles est un directeur de la photographie talentueux et très modeste, une combinaison parfaite. Avoir une telle équipe derrière soi donne des ailes. »

C. Kim Miles : « Ce que je retiendrais particulièrement de cette collaboration ? La profonde satisfaction que ce travail m’a apporté. Lorsque vous débutez à Hollywood, vous êtes animé par l’espoir d’un monde rempli de cinéastes qui veulent travailler ensemble et se vouer corps et âme à leurs réalisations. Ce film a ravivé ce sentiment, cette passion. Ce rêve est bien réel, ces professionnels que j’ai admirés toute ma vie cherchent vraiment à créer la meilleure expérience imaginable pour le public, et ce film défie tout ce que nous avons pu voir jusqu’à présent. »

 

marwen-1.jpg

 

Rushes et OLS

Pour l’équipe de Technicolor en charge des rushes/OLS, Bienvenue à Marwen a représenté un projet énorme, réalisé avec Arri65, le format de fichier le plus complexe qu’une production puisse utiliser. Malgré un flux de travail intense, il a donc fallu gérer ces données avec efficacité, fluidité et ponctualité.

Chris Van Duyn, Responsable des Opérations OLS : « Notre ingénieur Chris Armstrong a joué un rôle déterminant en organisant le flux de travail de façon à pouvoir absorber la très grande quantité de données que nous avions à traiter chaque jour. Quant à Chris Piper, en charge des rushes, il a été extraordinaire, non seulement en garantissant le rendu final mais également en gérant avec efficacité les demandes des réalisateurs. »

Technicolor a par ailleurs dû s’adapter à un déménagement lors de la production. Il a fallu déplacer le système renforcé utilisé pour gérer les rushes des bureaux de Vancouver jusqu’à un centre de capture de mouvement dans le Surrey, où il devait être opérationnel sous un ou deux jours.

Chris Van Duyn : « Nous avons réussi à maintenir un processus fluide et un archivage rapide sur les LTO – ce qui représente un travail considérable au vu du type de charge utile généré par Arri65. Malgré l’exigence de traitement de ces quantités de données qui arrivaient chaque jour, nous avons toujours tenu la deadline de 8 heures du matin, comme pour toute production. »

 

Technicolor Pulse

Le cercle de confiance qui s’est formé tout autour de l’équipe s’est étendu jusqu’à l’éditrice VFX Alison Wolf, une habituée des collaborations avec Robert Zemeckis. Elle a utilisé Technicolor Pulse pour gérer les livraisons VFX de Bienvenue à Marwen. Au total, Technicolor Pulse a généré 2 387 553 images, avec un temps moyen de traitement de 2 minutes 37.

Alison Wolf : « L’outil Pulse est fantastique. Le travail s’est fait sans heurts et le support a été excellent. Pulse a fait partie intégrante de notre processus de travail, sans aucune interruption. Ses fonctionnalités automatiques ont permis de livrer les images de façon parfaitement fluide, rapide et efficace. » 

 

Application de réalité augmentée

Repousser toujours plus loin les limites des technologies émergentes… C’est la promesse de l’application de réalité augmentée co-créée par la filiale de Technicolor The Mill, Universal Pictures et Robert Zemeckis.

Le producteur exécutif Aurelien Simon et l’équipe chargée des nouvelles technologies chez The Mill à Los Angeles ont collaboré avec Universal et Robert Zemeckis pour concevoir cette application mobile de réalité augmentée. Les utilisateurs peuvent se promener dans une reconstitution 3D d’une scène du film : une première ! L’équipe créative de The Mill s’est servie des personnages et des décors du film pour mettre sur pied une expérience interactive qui permet aux utilisateurs de s’immerger dans le monde de Marwen.

Aurelien Simon : « Cette application inédite repose sur un ensemble de compétences, d’outils et de logiciels. Cela va de l’architecture de l’application à la configuration de l’interactivité en passant par le remaniement des magnifiques ressources visuelles numériques du film. Objectif : offrir une expérience fluide en temps réel. »

À l’ouverture de l’application, les utilisateurs sont salués par Robert Zemeckis lui-même, pionnier de la capture de mouvements et des nouvelles technologies au service de la narration. Une fois plongés dans la scène, ils peuvent découvrir les personnages et explorer le décor, faire une capture d’écran et la partager sur les réseaux sociaux. L’application propose également les biographies des personnages, des galeries de photos, des informations sur les coulisses du film et un filtre Facebook créé par The Mill.

Aurelien Simon : « Pour Robert Zemeckis, grand amateur d’innovations visuelles, ce projet était l’occasion rêvée de présenter une nouvelle approche des contenus secondaires. »

Avec l’application, découvrez une innovation marketing sans précédent : proposer aux utilisateurs d’explorer une scène en exclusivité avant même la sortie du film sur grand écran.

We use cookies on our website to support technical features that enhance your user experience.

We also use analytics & advertising services. To opt-out click for more information.